Réflexion sur l’identité

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Qui suis-je ? Qu’est-ce qui fonde mon identité ? Comment est-ce que je me vois, comment est-ce que je parle de moi ? La foi joue-t-elle un rôle concernant mon identité et la perception que j’ai de moi-même au sein d’un monde qui déshumanise parfois l’individu et le réduit à ses réussites ou à ses échecs ? Telles sont les questions que pose la thématique de l’identité abordée par la psychologie, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie ou encore la théologie qui emprunte des éléments à toutes ces disciplines, en regard de l’aspect théologique propre.

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Introduction

Dans ces cultes-concerts du nouvel an que nous consacrons à un compositeur éminent, la prédication ambitionne de méditer un aspect spécifique en lien avec l’œuvre du maestro. Bach, chantre officiel de l’Eglise luthérienne, nous a fait réfléchir à la place de la musique durant le culte. Mozart, auteur de la messe du Requiem, nous a conduits à une réflexion sur « l’avoir à mourir ». En songeant à Mendelssohn, c’est tout naturellement sa marche nuptiale, universellement connue, même par ceux qui ne connaissent pas Mendelssohn, qui s’est imposée à mon esprit.

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Publication mise en avant

Pasteur Bruno Gaudelet

De quel salut avons-nous besoin ?

Les anges le déclarent aux bergers lors de la nativité : « il vous est né un sauveur ! » Le nom « Jésus », « Yeshoua » en hébreu, signifie « sauveur ». Un sauveur « de quoi » ? Un sauveur « pour quoi » ? De quoi avons-nous besoin d’être sauvés ? Il y a plusieurs théories sur cette question. Les auteurs bibliques ne sont d’ailleurs pas unanimes. Quelques-unes de leurs suggestions s’inscrivent même en défaut de l’Evangile ou ont été contredites par l’histoire. Principalement la théorie d’un Messie sauvant Israël de ses ennemis ou celle du rachat des fautes par la mort, pensée comme sacrificielle, du Nazaréen.

I. Deux théories à la peine

La théorie du sauveur d’Israël est à coup sûr un héritage du messianisme des contemporains de Jésus qui espéraient la venue d’un messie guerrier afin de chasser les romains du pays et redonner à Israël ses frontières. On la retrouve par exemple dans le cantique de Zacharie père de Jean-Baptiste en Luc 1.71. Or, il apparait dans les évangiles que Jésus n’a absolument pas voulu être ce messie-là (Jean 6.15), mais surtout, historiquement, ce sont les romains qui ont détruit le temple de Jérusalem et la ville sainte en l’an 70, et ce fut la fin du judaïsme du second Temple.

La théorie de la rédemption sacrificielle est encore confessée officiellement par certaines Eglises. Elle remonte aux temps apostoliques puisque Paul l’inclut déjà dans sa catéchèse (Rm 3.23), mais ses défenseurs au travers les âges l’harmonisent trop artificiellement avec la prédication de Jésus, l’Evangile. Ceux-là ne voient pas qu’elle est déjà une adaptation de la Bonne Nouvelle dans le contexte des polémiques entre juifs et chrétiens du premier siècle, mais également entre les judéo et pagano chrétiens (pour un développement voire mon livre Le Credo revisité, Lyon, Olivetan, 2015, pp. 107-120). En effet, comment Dieu serait-il le Père bienveillant dont Jésus parle s’il lui fallait le sang d’un innocent pour pardonner les fautes ? Comment nous demanderait-il de nous pardonner gratuitement, comme le prêche Jésus dans le sermon sur la montagne (Mt 5.43-48, Luc 6.37) ou dans le Notre Père, si lui-même n’était pas en mesure de nous pardonner gratuitement ? Et si la grâce dépendait de notre foi dans la vertu salvifique de la mort de Jésus, comment la « croyance » en la mort rédemptrice de Jésus » ne serait-elle pas un mérite (une adhésion méritante) ? Et en quoi ce « salut » ne serait-il pas le salaire d’une « croyance » propre à donner le salut ? Ou serait le pardon gratuit de Dieu ? On le voit, cette théorie de la mort rédemptrice ou sacrificielle de Jésus ne tient pas au vu de la Bonne Nouvelle de la bienveillance gratuite que Jésus a prêchée sans relâche et pour laquelle on a voulu le faire taire dans les cercles dirigeants du Temple.

II. Perdre et sauver sa vie

Mais alors, si Jésus n’est pas le « sauveur » en tant que héros qui délivre son peuple des ennemis romains, et s’il n’est pas « sauveur » en tant que rédempteur des péchés, de quoi ou pour quoi est-il le « sauveur » ? La meilleure façon de trouver la réponse est de regarder ce qu’il enseignait lui-même sur les chemins poussiéreux de Judée ou de la Galilée. Or, précisément, les évangiles se souviennent que Jésus a prononcé les paroles que Marc 8 retransmet aux versets 34-36 : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra. Mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Le Royaume de Dieu, que Jésus annonce, est un royaume spirituel. On y entre déjà sur terre par la foi. Mais, précisément, la foi implique la conversion, c’est-à-dire, le retournement de soi vers Dieu. L’appel à renoncer à soi-même est, de facto, un appel au décentrage et à la dé-divinisation de soi. C’est la démarche contraire de ce que la Bible appelle le « péché » qui est d’abord au singulier dans la Bible avant de se décliner au pluriel. Le pécheur est avant tout, pour la foi biblique, celui qui a la propension à prendre ses jugements et ses normes pour la vérité et de les imposer aux autres en s’imposant soi-même. On a donné à cette attitude, naturelle à chacun et chacune, les noms d’orgueil, d’égocentrisme, d’égoïsme, de volonté de pouvoir ou de volonté de puissance. Qu’importe les synonymes, c’est cette attitude qui est à la racine de tous les maux et du rejet de Dieu qui nous appelle à nous pacifier, à nous humaniser, à apprendre à vivre ensemble, à rechercher la loi et les normes de l’amour. Se tourner vers Dieu implique de se détourner de soi comme auto-référence.

Par ses propos, rapportés en Marc 8.34-36, Jésus invite ses auditeurs à réfléchir sur les questions fondamentales : Qu’est-ce que réussir ou manquer sa vie ? Qu’est-ce que sauver ou perdre sa vie ? Qu’est-ce que se perdre, qu’est-ce que se retrouver ?

Chacun veut vivre du mieux qu’il peut, cocher si possible les différentes cases de la réussite affective, professionnelle, sociale. Avoir une bonne vie et jouir à bon droit avec les êtres aimés de ce que l’existence peut offrir. Rien de plus légitime à cela. Mais à quoi sert-il, demande Jésus, de gagner le monde entier si l’on se perd soi-même ? Et comment se trouver soi-même si on s’ampute de notre être spirituel qui est la moitié de nous-même ? Pour Jésus on ne peut se trouver si on ne trouve le Royaume de Dieu qui nous révèle ce que nous sommes vraiment, dans nos forces et nos fragilités. Et qui ressource notre vie spirituelle et humaine. Quitter le chemin de l’auto-suffisance qui sépare de Dieu et revenir vers Dieu pour renouer avec lui, tel est le sens de la métanoïa, la conversion, que Jésus prêche après Jean le Baptiste.

La conversion peut, certes, donner l’impression aux gens extérieurs à la foi qu’elle est une restriction d’existence. Les milieux chrétiens et juifs dévots ont tout fait pour cela. Ils ont tellement présenté la conversion comme la renonciation au monde, à ses joies, à ses plaisirs, aux jouissances et réjouissance matérielles, au bonheur, pour se frapper sur la poitrine et entrer la culpabilité perpétuelle, comment les populations n’associeraient-elles pas la conversion à une perte d’existence ? C’était déjà le cas à l’époque de Jésus et c’est précisément pour tacler ce contresens qu’il déclare : « Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra. Mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » La conversion ne fait « perdre sa vie » que si on est fanatisé par une mystique bigote et dévote. Si on possède au contraire une foi équilibrée et intelligente, on comprend que le retournement vers Dieu est gain et non perte pour la Vie ! C’est en effet la Vie avec un grand V que l’on retrouve puisque c’est la vie spirituelle qui constitue plus de la moitié de nous-même que l’on retrouve. C’est en retrouvant Dieu qu’on se retrouve soi-même comme enfant aimé de Dieu.

Ainsi s’éclairent les paroles de Jésus en Marc 8.34-36 : « Si quelqu’un veut venir après moi », c’est-à-dire devenir chrétien, « qu’il renonce à lui-même » au sens du péché qui fait de chacun de nous un petit potentat usurpant le rôle de Dieu, « qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. » En d’autres termes, il s’agit de « crucifier » la « vieille nature pécheresse » comme dit Paul et de se tourner vers Dieu et son Royaume (ou sa dimension céleste si l’on préfère). « Quiconque en effet voudra sauver sa vie(entendezsans Dieu)la perdra », c’est-à-dire perdra la moitié de lui-même qui fait vivre l’ensemble. « Mais quiconque perdra sa vie (entendezsans Dieu) à cause de moi la sauvera », car il retrouvera les sources de la Vie spirituelle qui font vivre.

En conclusion

Ces paroles de Jésus en Marc 8 explicitent de quel salut nous avons besoin et en quoi Jésus est le Sauveur pour les chrétiens. C’est de notre vielle nature « sans Dieu » dont nous avons besoin d’être sauvé et dont notre vie a besoin d’être sauvée. Le Royaume de Dieu est le chemin de la vie sauvée, renouvelée par la foi. Pour y entrer il faut renoncer à soi-même en tant qu’entité qui rejette Dieu et se prive de la moitié de son être. Ce n’est pas un chemin de conversion austère où l’on se frappe la poitrine et s’accuse en permanence, comme certains dévots l’ont par trop caricaturé. C’est un chemin joyeux de retour vers la maison du Père qui nous fait nous retrouver. « C’est moi, moi qui suis l’Éternel, dit Dieu en Esaïe 43.11, et hors moi il n’y a point de sauveur. » Dieu seul est notre salut, mais puisque Jésus est son messager, puisqu’il nous conduit à Dieu et participe ainsi à notre salut, c’est à bon droit que nous lui donnons le titre de « sauveur ».

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Etude sur le mariage et la bénédiction nuptiale (II)

1. La Bible

Si la monogamie était semble-t-il l’état le plus fréquent de la famille israélite[1] même dans un très loin passé, la polygamie ou la bigamie ne présentaient aucun désaveu moral et étaient laissées à la liberté et à la fortune des intéressés[2]. Cependant, le mariage monogame inspira les prophètes, les poètes et les sages, qui utilisèrent l’alliance conjugale monogame comme un symbole de l’alliance divine[3]. D’où l’idéal conjugal des récits de création de la Genèse présentant le mariage monogame comme répondant non seulement à l’ordre créationnel, mais participant encore de la ressemblance à Dieu par la communion qui fait du couple une seule chair. De fait, au premier siècle de notre ère, la polygamie ou la bigamie étaient proscrites, mais assez fréquemment remplacées par la répudiation et le divorce[4]. Toutefois, rappelle Raymond de Vaux, « Il est intéressant de constater qu’en Israël, comme en Mésopotamie, le mariage est une affaire purement civile et n’est sanctionné par aucun acte religieux »[5]. Poursuivre la lecture de : La cérémonie de mariage, repères historiques et religieux

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Etude sur le mariage et la bénédiction nuptiale (I)

Le magistrat étant considéré en bonne théologie calviniste comme un ministre de Dieu, et le mariage comme relevant de l’ordre créationnel, les protestants ont plutôt bien accueilli la décision de l’Etat de s’arroger la validation du mariage. D’autant que, nous l’avons signalé, la Réforme s’était davantage préoccupée de l’aspect public et légal du mariage que de sa cérémonie. Cela dit, la liturgie du mariage du régime concordataire, perdura en France dans la même forme qu’elle avait en vigueur avant les lois de séparation, c’est-à-dire, en maintenant les promesses et l’engagement des époux comme si la célébration présidée à la mairie par l’officier de l’état civil, n’était pas suffisante pour qu’il y ait mariage authentique[49]. Poursuivre la lecture de : Mariage ou bénédiction nuptiale ?