« Venez à moi vous tous qui êtes chargés » Matthieu 11.28

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Exemple

« Venez à moi vous tous qui êtes chargés » Matthieu 11.28

Publication mise en avant

L’appel de Jésus en Matthieu 11.28

lectures : Exode 20.8-11 ; Matthieu 11:25-30 ; Romains 8.31-39

Le repos nous est fondamental, mais pour être réel et effectif, il doit inclure le ressourcement de l’âme et de l’esprit et non uniquement la décontraction du corps.

Nous remarquons tous, d’ailleurs, que sans le repos intérieur, nos temps de détente sont compromis. Nous décidons parfois de vous retirer au vert pour deux ou trois jours, loin du travail, des collègues et des soucis. Mais une fois en escapade nous constatons que, curieusement, nos préoccupations nous ont suivis. Elles minent nos nuits et nous empêchent de profiter de notre retraite au grand air.

C’est un fait : le repos se gagne d’abord dans la tête. Sans le repos intérieur, le ressourcement de notre être est très relatif. Ou bien notre esprit trouve le moyen de s’apaiser et de se reposer de sorte que nous reprenons vraiment des forces. Ou bien nous courons tout droit vers le burn out ou à la dépression. L’organisation de la vie moderne et le niveau d’exigence qui s’y déploie pour chacun nécessitent que nous réfléchissions à la façon dont nous nous reposons.

II. Le rythme de nos vies et la pression sociale

Nous savons tous que le rythme de vie que nous menons nous, nos enfants et nos jeunes, est effréné. Et nous sommes conscients pour la plupart que les exigences sociales sont un poids et une pression permanente pour chacun. Si les conditions de travail se sont globalement améliorées au siècle dernier, nos mégapoles sont en effervescence permanente. Autant pour le travail, d’ailleurs, que pour les loisirs, le commerce ou les activités diverses et variées auxquelles chacun se livre afin de faire autre chose dans sa vie que travailler, pour se distraire ou pour fuir l’ennui. Il faut aller vite, ne pas perdre de temps. Les gens courent, s’agitent, se bousculent, se klaxonnent, s’invectivent, foncent dans le métro, sur les trottoirs ou dans les magasins comme s’il y avait le feu partout, … Nous vivons dans le bruit, dans l’agitation et dans le stress continu.

En outre, comme si cela ne suffisait pas, la pression sociale, les idéaux de beauté ou de performance – qui névrosent tout un chacun – ainsi que le mimétisme social, exigent de nous que nous atteignons un certain niveau d’habileté et de réussite dans ce que nous sommes ou entreprenons. Si nous ne voulons pas passer pour des « nullards » en tant que professionnels, en tant qu’homme ou femme, enfant, jeune, citoyen, modernes et finalement en tous domaines, nous avons intérêt à nous surveiller de près et à nous mettre à jour en toute chose. En matière de culture, de politique, d’économie, d’informatique, de santé et que sais-je d’autre encore. Quel stress pour ne pas être socialement à la traine ou has been…

II. La performance pour norme

Et nos enfants et nos jeunes, on en parle ? Oui on en parle ce matin !

Combien d’heures de cours par jour, par semaine, leur sont imposées ? Combien d’heures d’études et de devoir ? Il y a aussi le sport, la musique, les activités, et même le catéchisme.

Et le niveau d’exigences sociales, parentales, familiales, qui pèse sur eux on en parle ? Oui, on en parle ce matin !

Papa et maman veulent que vous réussissiez dans la vie, mes chers petits. C’est bien normal – vous les remercierez peut-être un jour – mais il vous faut du coup avoir de bonnes notes et performer en toutes matières. Car dans cette société il faut être un bon professionnel, bien formé et bien informé avec de bons diplômes et un bon CV. Il faut apprendre et posséder les codes des relations humaines en chaque sphère spécifique : en famille, à l’école, au collège, au lycée, à l’église, au sport, à la musique, au théâtre, … On réclame de vous que vous soyez performants dans vos études et dans tous les domaines. Quelle pression sur vous mes petits. Bienvenue dans le monde des « stressos » !

III. La voie que Jésus recommande

Le plus frustrant dans tout cela, c’est que nous ne pouvons pas changer ce monde d’un coup de baguette magique ! Et sortir du monde et de son rythme fou reviendrait à affronter des difficultés existentielles bien plus grandes et bien plus stressantes encore. Certains ont essayé, mais au bout du compte ce fut la marginalisation.

Il ne s’agit donc pas de sortir du monde et du système comme le prônaient les hippies des années 70, mais de s’intégrer au contraire et de trouver son rythme, sa place et l’épanouissement nécessaire pour sa vie. Or pour cela il faut des temps de repos et de ressourcement pour l’âme et l’esprit et non uniquement pour le corps.

C’est ici que l’appel de Jésus en Matthieu 11.28 prend tout son sens : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos, dit-il, prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. L’appel du Christ cible bel et bien le repos dont nous avons grandement besoin.

Super ! direz-vous, comment ça marche ?

Le mode d’emploi est simple : Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, dit Jésus. En clair cela signifie : devenez mes disciples et suivez-moi sur le chemin de la spiritualité.

Est-ce que c’est dur ? Est-ce que c’est contraignant ? Est-ce qu’il faut une fois de plus être performant ?

« Je suis doux et humble de cœur, répond Jésus, mon joug est doux et mon fardeau léger. » Il ne s’agit donc pas d’ajouter un poids supplémentaire à sa vie, mais au contraire de se délester de ces fardeaux que sont : 1) le jugement culpabilisant des autres ou de soi-même, 2) la pression de devoir justifier sa valeur par la performance, par la réussite, 3) la servitude des idéaux et des modes de vie qu’on veut nous vendre à des fins toutes commerciales.

Comment se délester de tout cela ?

En devenant l’ami de Dieu propose Jésus en Matthieu 11 ; tout comme l’apôtre Paul qui déclare en Romains 8 : « Si Dieu est pour nous, dit Paul, qui sera contre nous ? » Si Dieu nous justifie, qui nous fera croire que nos échecs ou nos tâtonnements font de nous des « nullards » ? Si nous découvrons que Dieu pose sur nous un regard tendre et émerveillé parce que nous sommes ses enfants, et aussi parce que nous sommes des « petits chefs d’œuvre » de technologie, de biologie, de génétique, de neurologie, qui nous fera croire que notre valeur se résume à la somme de nos réussites et de nos échecs ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

L’Evangile du Christ-Jésus est le chemin qui nous mène directement à Dieu. Prendre le joug léger et facile de Jésus, devenir son disciple, c’est saisir la main qui nous conduit à Dieu et entrer soi-même dans l’amitié de Dieu où s’apprennent l’amitié et le pardon qui apaisent le cœur et l’esprit. C’est là que nous découvrons qu’il n’y a pas meilleur repos pour l’âme que de devenir l’ami de Dieu. C’est pourquoi Jésus nous appelle à le rejoindre et à nous défaire des fardeaux écrasants que la société de la performance fait reposer sur nous en nous faisant croire que notre valeur dépend de nos échecs et de nos réussites. Il s’agit-là d’une nouvelle version de la doctrine du « salut de sa vie » ou du « rachat de sa vie » par les « bonnes œuvres méritoires de la réussite sociale ». Opposons-lui l’assurance de la grâce qui nous dit l’incommensurable valeur que Dieu nous reconnait.

En Conclusion

Si j’en crois la première partie du discours de Jésus ici en Matthieu 11.25 les enfants ont un accès à Dieu plus simple que les adultes. « Je te loue, Père, dit Jésus,  Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux enfants. » Les enfants ont, d’après Jésus, une supériorité sur les adultes. Ils comprennent mieux que les vieux routiers de l’existence ce qui concerne les choses spirituelles. C’est pourquoi les enfants et les jeunes je vais vous confier une mission qui n’est pas du tout impossible.

Essayer de réfléchir, s’il vous plait, à la relation qui existe entre : d’une part le « repos spirituel » dont Jésus parle dans ce passage et d’autre part le « ressourcement de l’âme et de l’esprit que nous trouvons dans le temps du culte le dimanche matin ».

Je vous donne un indice : le commandement du sabbat d’Exode 20 est à la fois un symbole du repos que Dieu promet à l’âme et à la fois un des moyens que Dieu donne au peuple de Moïse pour qu’il s’approprie le repos spirituel que Dieu donne.

Quand vous aurez trouvé la solution, allez voir vos parents et expliquez-leur ce que vous avez compris. Telle est aujourd’hui votre mission, enfin, si vous l’acceptez.

Pasteur Bruno Gaudelet