Je crois la communion des saints,… par-delà les confessions et chapelles !

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Exemple

Je crois la communion des saints,… par-delà les confessions et chapelles !

Un chrétien très libre vis-à-vis des dogmes et des étiquettes religieuses, mourut après une vie bien remplie au service de l’Evangile. Conduit au ciel par les anges, il fut accueilli par le bon saint Pierre en personne.

« Mon cher, lui dit l’apôtre, sois le bienvenu parmi-nous. Aimerais-tu que je te fasse visiter le saint lieu ? » Le chrétien accepta avec ravissement.

Ils entrèrent dans une vaste salle où une multitude chantait joyeusement des cantiques. « C’est ici l’assemblée des catholiques », souffla enthousiaste le bon saint Pierre. Puis saisissant la main du nouvel hôte, il l’entraîna dans une salle attenante où une assemblée recueillie, mais joyeuse, méditait une homélie de saint Jean Chrysostome. « Et voici l’aile des orthodoxes ». Le chrétien éberlué s’apprêtait à demander pourquoi les catholiques et les orthodoxes ne se trouvaient pas dans le même endroit, lorsque le bon saint Pierre l’attira dans une nouvelle aile du Paradis où une foule attentive écoutait un prédicateur en robe pastorale noire et au rabat blanc. « Nous voilà maintenant chez les protestants ! » « Enfin bon saint Pierre.. », entreprit le chrétien qui s’étonnait que les confessions existaient encore au ciel, mais l’apôtre mit le doigt devant sa bouche et lui fit signe de le suivre en silence. Ils prirent un couloir, passèrent devant une petite porte sans s’arrêter et débouchèrent sur un parvis. « Là-bas, expliqua Pierre en désignant le lieu qu’ils venaient de dépasser, c’est l’assemblée de ceux qui se nomment eux-mêmes « Les disciples véritables de Jésus », mais chut, ils croient qu’il n’y a qu’eux dans le ciel ! »

Espérons que le ciel ne ressemble pas à ce modèle reproduisant le confessionnalisme terrestre ! Si j’ai choisi de reporter ici cette petite fable entendue je ne sais plus où, c’est parce qu’elle met bien en scène la conviction de bien des acteurs de l’œcuménisme selon laquelle, même poussées à l’extrême, les traditions et identités religieuses n’empêchent nullement l’appartenance de chaque chrétien à cette réalité plus profonde et primordiale qu’est le Royaume des cieux.

Ainsi en va-t-il de la communion des saints. Elle n’est, ni affaire d’accords théologiques, ni le résultat de compromis institutionnels, ni même la volonté supérieure de mettre en pratique la fraternité évangélique. Elle tient tout entière de la « participation » du chrétien « à la nature divine » (2P 1.4). Elle est le fruit de la communion établie chacun personnellement et directement avec Dieu, ainsi que de l’appartenance de chaque chrétien à ce corps mystique du Christ qu’est l’Église universelle.

Extrait de : Bruno Gaudelet, Le Credo revisité, Lyon, Olivetan, 2015, page 261.