Les émissions du Carême : En podcast sur France Culture (suivre les liens)

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Exemple

Les émissions du Carême : En podcast sur France Culture (suivre les liens)

Emission du  dimanche 10 mars à 16h : Pierre, se pardonner à soi-même

 

https://www.franceculture.fr/emissions/careme-protestant/careme-protestant-16-le-temoignage-de-pierre-apprendre-a-se-pardonner-soi-meme

Prochaines émissions du Carême sur France Culture, les dimanches suivant à 16h  :

  •  17 mars: Marie-Madeleine, « La Bonne Nouvelle qui relève ».
  • 24 mars: Thomas, « Croire au-delà du voir ».
  • 31 mars: Nicodème, « Il faut naître de nouveau ».
  • 7 avril : Paul, « De la haine à l’amour ».
  • 14 avril : Jésus, « Père me voici ! ».

 

Extrait de : Quand l’Evangile se raconte (à paraître prochainement)

(Ce livre rassemblera les textes des émissions )

Pierre :

Les données des évangiles concernant Pierre abondent par rapport à ses condisciples. Pour la mise en scène du premier apôtre, j’ai donc naturellement suivi le cours des textes clefs (appel, suivance, Césarée, reniement et réhabilitation) et laissé libre cours à mon imagination (nourrie certes par quelques décennies d’exégèse historique et littéraire, ainsi que par ma pastorale auprès des ‘âmes’) pour donner du relief et de l’épaisseur au personnage. ‘Mon’ Pierre est aux prises avec la culpabilité comme le présupposent les synoptiques, mais il n’est que le quatrième évangile pour exploiter le passage de la culpabilité de l’apôtre à son pardon ; expérience spirituelle pourtant indispensable à la poursuite de son ministère pastoral et apostolique. J’ai donc suivi la voie de Jean et dépeint un Pierre quelque peu piteux mais répondant avec empressement à la main tendue par le maître en échangeant ses trois reniements par trois « je t’aime ». C’est l’expérience même de Dieu, par la foi, et l’efficacité existentielle et psychologique de la Bonne Nouvelle, qui se disent ici en langage narratif.

 

Préface au livre : Quand l’Evangile se raconte

Notre culture, notre langage, nos imaginaires, sont tapissés de références aux personnages bibliques. La littérature, l’Histoire, les arts, renvoient constamment aux héros des deux Testaments et à leurs aventures. L’exégèse historique et littéraire est indispensable pour replacer les textes dans leurs contextes respectifs et les interpréter, mais elle n’est pas la seule façon de lire et de comprendre les récits bibliques. La lecture narrative – qui a acquis ses lettres de noblesse depuis une quarantaine d’années – s’intéresse aux sens que les textes portent en eux-mêmes. Plutôt que d’opposer les deux méthodes, il est avantageux de les combiner ; notamment pour la réalisation de la prédication narrative qui appartient au registre de l’œuvre.

Point de prédication narrative, en effet, sans les ressources de l’exégèse historique et littéraire, d’une part, et celles de l’exégèse narrative (ou narratologie), d’autre part. C’est à la lumière de ce double éclairage que les personnages de Pierre, Marie-Madeleine, Thomas, Nicodème, Paul et Jésus lui-même, ont pris de la consistance dans les narrations de ce petit livre et qu’ils nous font cheminer avec eux, de façon romanesque, aux côtés du rabbi de Nazareth. Au fur et à mesure des narrations, les personnages prennent vie, leurs figures se font humaines et ouvrent notre réflexion aux profondeurs de l’âme. Leurs façons de voir, d’évoquer le parcours de Jésus, de ressentir, de sourire ou de s’indigner, de s’émouvoir ou de commenter, nous aident à imaginer, à visualiser, la portée du message que les évangélistes transmettent au travers de leurs mises en scène et de leurs récits.

Tel est le grand mérite de la narration. Elle fait sentir les situations, rend perceptible les scènes, personnalise les figures du récit, et aide, dès lors, à mieux comprendre ce qui se donne sous le langage et dans le monde du texte. À ce stade de projection et de réflexion, la question n’est plus celle de l’historicité ou de la reconstitution des conditions ou des procédures qui ont présidé à la production des textes, mais celle du sens auquel nous convient l’univers et l’horizon des textes.

Bien loin de s’opposer à l’indispensable lecture historique et littéraire, la narratologie facilite la fusion des horizons entre lecteur et texte en vue de la compréhension, de la production du sens et du ‘penser avec’ ce qui est donné dans et avec l’œuvre.

Bruno Gaudelet